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Le site que nous mettons à votre disposition inaugure une nouvelle ère de communication informatisée. Il est mis à la disposition des professionnels de la santé, des cliniques privées et de tout citoyen à la recherche de renseignements sur notre organisme et son activité.

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Mes chères consoeurs , mes chers confrères.

 
Je remercie les organisateurs de cet atelier et en particulier Mme la Ministre  pour cette invitation  et cette concertation sur l’avenir de la santé au Maroc et plus particulièrement l’entrée du capital non médical dans les établissements de soins. loi 10-94 sur l’exercice de la médecine.

Si le débat qui nous a été proposé  reste limité  à ce seul sujet,en  réalité il n’en est rien car le problème objet de ce forum est global et ne saurait se limiter aux seuls investisseurs. La réforme doit être globale et concerner tous les problèmes cruciaux qui se posent à nous aujourd’hui. On ne peut dissocier la réponse à cette question des autres réformes ( carte sanitaire ) et des autres dysfonctionnements qui obèrent notre activité ( je pense entre autres à la situation actuelle des négociations sur l’AMO unilatéralement arrêtés par l’ANAM et les gestionaires.).

C’est pourquoi mon intervention sera la réponse officielle de l’ANCP au débat sur la refonte de l’exercice de la médecine.

Nous vous livrons madame la Ministre notre crainte mais aussi notre expérience concernant la pratique médicale au Maroc.

Notre motivation première consiste à sauvegarder les acquis de nos patients à les renforcer , à  les étendre à une majorité voire  à tous les marocains.

Dans le débat qui est ouvert aujourd’hui, je n’ai pas la prétention d’apporter des réponses à toutes les questions qui seront débattues mais de tenter avec vous de poser les bonnes questions car la dérive est possible. Notre souhait est d’entamer aujourd’hui un débat sincère sur les axes à explorer afin d’aboutir à une réforme qui bénéficie de l’approbation de la grande majorité des médecins voire de  l’ensemble du corps médical et je  suis convaincu que c’est possible.

Je profite de l’occasion pour féliciter notre confrère et ami le Dr. ALAMI

Kreft pour la confiance que vous lui avez manifestée. Je suis persuadé qu’en temps que médecin il ne saurait proposer de solutions qui nuiraient au corps médical.

Ce qui sera décidé dans les jours ou les semaines qui viennent va influer  à jamais sur notre pratique quotidienne. On nous demande notre avis sur la réforme, nous disons oui à une réforme globale car les problèmes sont nombreux et nécessitent rapidement une solution afin d’améliorer la fluidité des démarches administratives et la mise en conformité de lois et textes réglementaires avec la réalité de la pratique médicale.

Afin que notre réflexion commune puisse aboutir à des réformes législatives viables et profitables à nos patients, il est nécessaire de notre point de vue d’expliquer le pourquoi de cette réforme et les avantages qu’elle est censée apporter  à la santé au Maroc.

Les médecins veulent comprendre ce qui va changer pour eux et pour leurs patients afin qu’ils appuient ou qu’ils rejettent cette réforme en connaissance de cause.

La question posée à savoir l’entrée du capital privé peut sembler anodine voire attractive prise isolément des autres propositions de réforme ; mais placée dans le contexte global de la réforme telle que soumise à notre réflexion, elle livre toutes les facettes de ses insuffisances si elle venait à être dissociée des autres réformes.

Aujourd’hui la relation entre le patient et son médecin est une relation intime directe avec pour seul intermédiaire un éventuel gestionnaire de caisse maladie.


Le privé a montré sa capacité à mettre en place des prestations de qualité à des tarifs raisonnables.

Nous avons été les premiers à introduire des technologies nouvelles.

L’offre de soins dans le privé dépasse la demande : d’où la question :la réforme consiste -t-elle à construire de nouvelles structures ou à céder celles existantes.

nous avons mis en place un partenariat avec les gestionnaires de la caisse maladie. Je pense aux conventions avec la FMSAR, la CMIM, la MUPRAS etc…

nos confrères médecins appuierons notre démarche car l’une de nos craintes esr que les premiers lésés seront les médecins : quelle garantie leur sera donnée pour le maintien de leurs honoraires et pour leur liberté d’action.

 Les établissements privés  eux ne bénéficient d’aucune faveur malgré le caractère social de notre activité contrairement à beaucoup de secteurs.

Si nous avons choisi ce métier magnifique c’est pour son coté humain et le sentiment de liberté responsable qui accompagne chacun de nos gestes.

Sommes nous prêts à sacrifier notre indépendance et à subodorer à des règles purement commerciales et spéculatives.

Si les médecins continuent à investir dans ce secteur c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas le choix pour pouvoir exercer leur métier.

Le Maroc a ses spécificités propres et nos moyens sont limités.

Notre relation patient–médecin revêt un caractère humanisé que nous ne souhaitons pas perdre au profit du rendement financier.

Notre équilibre budgétaire est fragile.demandez donc à nos gestionnaires : n’allons pas le déstabiliser par cette réforme .


En r éalité,l’entrée du capital non médical ne date pas d’aujourd’hui,les exemples foisonnent et se caractérisent tous par leur échec.Les régles qui les régissent et les avantages fiscaux dont ils bénéficient ne suffisent pas à les rendre rentables.

Allons nous généraliser une pratique qui a montré ses limites .

Notre position est motivée en premier par l’intêret de nos patients et accessoirement par nos intêrets propres. Nous ne ferons jamais de la résistance de principe et du conservatisme mais nous exprimerons clairement notre point de vue.

Nous serons réceptifs et même constructifs pour toute réforme qui mettra en avant l’intérêt du patient et son libre-choix  et qui sauvegardera l’autonomie médicale du médecin.

La relation qui va découdre de cette réforme sera je le crains une relation

de patron à employé.

Quelle loi va protéger notre métier et quelle pratique réelle va découler de cette réforme.nous vivons actuellement des dérapages qui n’ont pas trouvé de solutions.

Les débats qui vont suivre nous permettrons de lister les problèmes les plus évidents. Je souhaite quant à moi que vous prendrez tout le temps nécéssaire pour  cette réforme même dans le cas où la décision politique est d’ors et dèjà prise et qu’il ne reste plus qu’à la formaliser.